Aubervilliers : zone de non-droit ou simple mauvaise presse ? Statistiques alarmantes, vidéos sensationnalistes, récits d’habitants plus nuancés… Pas facile de démêler le vrai du cliché. Tour d’horizon des chiffres, des secteurs sous tension et des bons réflexes à adopter avant de s’y balader, d’y emménager ou d’y fonder un foyer.
1. Aubervilliers est-elle vraiment dangereuse ?
Perception médiatique vs réalité
On ne va pas se mentir : comme beaucoup de villes de Seine-Saint-Denis, Aubervilliers traîne une sacrée étiquette. Reportages musclés, vidéos virales sur les « quartiers chauds », tweets alarmistes… tout porte à croire qu’ici, le danger guette à chaque coin de rue.
Pourtant, le quotidien est plus nuancé :
- Oui, certains secteurs concentrent trafics, vols ou incivilités.
- Non, la ville entière n’est pas à feu et à sang ; beaucoup de rues résidentielles restent paisibles.
- La majorité des Albertivillariennes et Albertivillariens travaillent, emmènent leurs enfants à l’école, font leurs courses… bref, mènent une vie “normale”.
Alors, est-ce que “ça craint” vraiment ? Disons qu’Aubervilliers affiche un niveau d’insécurité au-dessus de la moyenne nationale, mais tout dépend de l’endroit, de l’heure et de votre façon de vivre.
Plusieurs facteurs nourrissent ce ressenti :
- La proximité immédiate de Paris (Porte d’Aubervilliers, Quatre-Chemins).
- Des nœuds de transport très fréquentés, terrain de chasse privilégié des pickpockets.
- Une forte proportion de logements sociaux et de précarité économique.
Statistiques 2025 du Ministère de l’Intérieur
Les chiffres, eux, parlent sans filtre. Bien que tous les bilans 2025 ne soient pas encore publiés, la tendance se confirme :
- Criminalité générale élevée, notamment :
- Vols avec violence (sacs, téléphones, deux-roues).
- Trafic de stupéfiants et délits associés.
- Dégradations et incivilités – tags, mobilier public endommagé, etc.
- Cambriolages et vols de véhicules : toujours dans la fourchette haute du 93, mais la courbe a cessé de grimper.
- Coups et blessures, rixes : un niveau significatif, souvent lié à des tensions locales ou au milieu du trafic.
En clair : s’il fallait classer les communes les plus exposées aux vols violents ou aux délits liés à la drogue, Aubervilliers figurerait en bonne place. En revanche, elle n’est pas toujours championne des crimes les plus graves.
Pour les chiffres détaillés, direction :
- Les bases Interstats du Ministère de l’Intérieur.
- Les fiches annuelles « sécurité et délinquance » par commune.
- Les données Insee sur démographie et niveau de vie.
2. Les quartiers où la vigilance s’impose
Quatre-Chemins et centre-ville
Impossible d’aborder la sécurité sans citer les secteurs régulièrement montrés du doigt :
- Quatre-Chemins (frontière Pantin / Aubervilliers) :
- Densité record d’habitants.
- Vente à la sauvette, notamment de cigarettes.
- Coffrets électriques détournés en “spots” de rendez-vous.
- Trafic dense, rues encombrées, commerces foisonnants.
- Le centre-ville (aux abords de la mairie) :
- Forte affluence liée aux transports.
- Vols opportunistes et rixes surtout en soirée.
Les habitants le disent : la tension monte surtout quand la nuit tombe, le week-end ou près des stations de métro et de bus. On parle davantage de sentiment d’insécurité — regroupements bruyants, incivilités — que d’agressions systématiques.
Quartiers en pleine transformation (Fort d’Aubervilliers, Canal)
La ville change vite, et certains chantiers redessinent déjà le paysage :
- Fort d’Aubervilliers :
- Ancien site militaire converti en logements, espaces verts, équipements.
- Ambition : un quartier mixte, plus ouvert, plus sûr.
- Réalité actuelle : encore des abords peu éclairés et quelques friches.
- Canal Saint-Denis :
- Nouvelle promenade, pistes cyclables, bureaux flambant neufs.
- Lieux culturels et sportifs en plein essor.
- Mais la nuit, le trafic de stupéfiants n’a pas totalement disparu.
On passe progressivement d’anciennes friches peu fréquentées à des rues animées ; la baisse des problèmes suit le même tempo : lente, mais visible.
3. Aubervilliers face aux autres villes du 93
Qui figure dans le peloton de tête ?
Vous avez sans doute déjà vu ces tops des villes “les plus dangereuses du 93”. Souvent, on retrouve :
- Saint-Denis
- Aubervilliers
- La Courneuve
- Montreuil
- Bobigny
Aubervilliers se situe, grosso modo, dans le haut du classement pour :
- Vols violents ou avec arme.
- Trafic de stupéfiants.
- Atteintes aux biens dans certains secteurs.
Elle n’est cependant pas systématiquement première. Autrement dit, son voisinage partage largement les mêmes galères.
Cinq ans de recul
Sur la durée, on observe :
- Des cambriolages et vols de véhicules qui cessent de grimper, grâce à la vidéosurveillance et aux parkings plus sûrs.
- Des trafics de drogue, incivilités et vols dans les transports toujours coriaces.
- Davantage de police municipale et nationale, avec des résultats inégaux selon les rues.
Les habitants voient parfois une nette embellie après une opération de police… avant que les problèmes ne migrent vers la rue d’à côté. Rien de magique, donc, mais quelques signaux encourageants.
4. Ce qui se fait pour améliorer la sécurité
Caméras, patrouilles et plan “tranquillité”
La mairie ne reste pas les bras croisés :
- Vidéoprotection : des caméras fleurissent près des commerces, écoles, stations de métro.
- Police municipale musclée : effectifs en hausse, patrouilles à pied, en VTT ou en voiture.
- Plan anti-nuisances : lutte contre rodéos, rassemblements bruyants, éclairage public renforcé.
Les responsables le disent : “filmer aide, mais c’est le signalement des habitants et le ciblage des points de deal qui font la différence”.
Le rôle des habitants et des assos
La sécurité, ici, c’est aussi l’affaire de tous :
- Comités de quartier : réunions régulières, diagnostics partagés, idées d’animations pour occuper l’espace public.
- Associations de médiation : éducateurs, médiateurs de rue, présence rassurante près des écoles et dans les halls.
- Bailleurs et commerces : gardiennage, contrôles d’accès, coopération avec la police.
Ce réseau ne règle pas tout, mais il tisse peu à peu une toile de vigilance collective.
5. Vivre ou circuler à Aubervilliers : mode d’emploi
Transports et déplacements de nuit
Envie de poser vos valises ou d’y travailler ? Des milliers de familles le font déjà, avec quelques réflexes en poche.
- Dans le métro, le RER, le tram :
- Les lignes 7, 12 et le RER B sont pratiques… et très convoitées par les pickpockets.
- On range téléphone et papiers, sac fermé devant soi, surtout aux heures de pointe.
- La nuit tombée :
- On privilégie les axes éclairés et fréquentés.
- Traverser seul un coin isolé au bord du canal à 2 h du mat ? Mieux vaut appeler un VTC.
- Vélo, trottinette :
- Antivol solide (U + chaîne) obligatoire.
- On évite de laisser l’engin dehors plusieurs nuits d’affilée.
Petites habitudes qui changent tout
- Les réflexes “grande ville” : pas de téléphone ostentatoire, pas de liasses de billets qui dépassent, sac bien fermé.
- Choix du quartier : visite de jour et de nuit, discussion avec voisins et commerçants, coup d’œil aux caméras et au gardiennage.
- Vie locale : un comité de quartier ou une réunion de parents d’élèves, ça aide à poser des questions et à se faire un réseau.
- Pour les enfants : trajet école-maison répété, règles simples (ne pas suivre un inconnu, garder le portable au fond du sac).
Appliquées au quotidien, ces précautions suffisent à beaucoup pour se sentir à l’aise, tout en sachant que la ville n’est pas le royaume des Bisounours.
Conclusion : Aubervilliers, à prendre telle qu’elle est
Oui, le taux de criminalité reste élevé et certains quartiers demeurent sensibles. Non, Aubervilliers n’est pas un coupe-gorge généralisé. La réalité change d’une rue à l’autre, d’une heure à l’autre. Les grands projets urbains et les dispositifs de sécurité commencent à porter leurs fruits, même si le chemin est encore long.
Avant de vous décider :
- Multipliez les visites, de préférence à différents moments.
- Parlez avec ceux qui y vivent – rien ne vaut la “météo locale” des riverains.
- Interrogez-vous sur vos propres attentes : êtes-vous prêt à vivre dans une ville populaire où la vigilance fait partie du quotidien ?
Besoin d’un éclairage plus précis sur une rue ou une résidence ? Les groupes d’habitants, les comités de quartier et les stats officielles restent vos meilleurs alliés pour savoir si Aubervilliers est, ou non, votre futur chez-vous.
Questions fréquentes sur Aubervilliers et la sécurité
Aubervilliers est-elle une ville dangereuse ?
Aubervilliers présente un niveau d’insécurité supérieur à la moyenne nationale, avec des secteurs sous tension comme Quatre-Chemins. Cependant, de nombreux quartiers résidentiels restent calmes, et la ville évolue grâce à des projets de rénovation urbaine.
Il fait bon vivre à Aubervilliers ?
La qualité de vie à Aubervilliers dépend des quartiers. Certains secteurs sont en pleine transformation, comme le Fort d’Aubervilliers, tandis que d’autres restent marqués par des problèmes d’incivilité et de précarité. La ville offre néanmoins une vie culturelle et des infrastructures en développement.
Quels sont les quartiers les plus sensibles d’Aubervilliers ?
Les secteurs de Quatre-Chemins et du centre-ville sont souvent cités pour leur densité et les problèmes de vols ou de trafic. En revanche, des zones comme le Canal Saint-Denis connaissent une amélioration grâce à des projets de réaménagement.
Comment Aubervilliers se compare-t-elle aux autres villes du 93 ?
Aubervilliers figure parmi les villes du 93 avec un taux de criminalité élevé, notamment pour les vols violents et les trafics. Cependant, elle n’est pas la plus touchée par les crimes graves, et des efforts sont en cours pour améliorer la sécurité.
Quels sont les projets pour améliorer la sécurité à Aubervilliers ?
Des projets comme la rénovation du Fort d’Aubervilliers et l’aménagement du Canal Saint-Denis visent à transformer les quartiers sensibles. L’objectif est de créer des espaces plus ouverts, mieux éclairés et attractifs pour les habitants et les visiteurs.
Bricoleur averti et gestionnaire rigoureux, Alexandre connaît l’envers du décor. Des gros travaux de rénovation à la gestion des imprévus, il apporte un regard pragmatique et technique. Il écrit pour éviter aux lecteurs les pièges classiques et faire en sorte que leurs projets tiennent la route sur la durée.

